INTERVIEW DE TOHAD : « Les frontières entre les domaines artistiques sont en train de disparaître »

Tohad n’est pas un champignon de l’univers de Mario, ni un Alien qui file du coton sur Mars. Non ! Tohad est un artiste illustrateur aussi talentueux que prolifique. Auteur de BD avec Les voisins du Chaos ou illustrateur Geek avec Badass Cartoons, il vous surprendra à de nombreuses reprises. Admirateur de Bart Simpson et d’Akira, les pieds sur terre et la tête dans les étoiles, travailleur généreux en conseils et créatif à l’esprit libre, Tohad a répondu à de nombreuses questions.

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Aurélie : Tu dis que tes collègues d’atelier te prennent pour un extra-terrestre. Ont-ils raison ?

Tohad : Ils me prennent pour un extra-terrestre car je leur ai dit, après visionnage, que le film « Blade Runner » avait pris un coup de vieux. Mes collègues étant des intégristes du cyber-punk, mon opinion faisait office de véritable blasphème. J’avais déjà eu des ennuis du même genre quand j’avais dit à des amis rôlistes que je trouvais la série Game of Thrones digne d’une télé novéla chez les chevaliers. Plus sérieusement, je n’ai rien d’un extraterrestre. Je dois avoir une allure passe partout super casual digne d’un Sims.

Aurélie : Sur la planète de ton enfance, quels étaient tes rêves ? As-tu toujours dessiné et voulu en faire ton métier ?

Tohad : Oui, c’était une idée fixe dès la maternelle, les adultes avaient l’air un peu chiants avec leurs journaux télévisés et leurs impôts. J’adorais les dessins animés et la pâte à modeler. Hors la pâte à modeler n’a pas très bon goût, donc j’ai préféré m’orienter vers la première option : Les arts appliqués.

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Aurélie : Quel a été ton premier dessin et celui dont tu as été le plus fier ? Pourquoi ?

Tohad : Mon premier dessin devait probablement être fait à base de purée de carotte sur un bavoir. Mais à l’âge de 4 mois, ma mémoire n’était pas parfaitement fonctionnelle. Donc je ne peux rien garantir à ce sujet. Je n’ai jamais arrêté de dessiner. D’après mes parents, j’avais remporté un petit concours de dessin à la maternelle qui avait fait gagner des livres à ma classe. J’étais le seul à avoir fait une maison en perspective. Mais je devais être trop occupé à mimer Dragon Ball dans la cours d’école pour me soucier du résultat.

Aurélie : As-tu grandi entouré de figures imaginaires ? Si oui, lesquelles et t’en inspirais-tu pour dessiner ou écrire des histoires ?

Tohad : L’animation japonaise du club Dorothée a été ma première claque. J’étais hypnotisé devant ces avalanches de couleurs et d’agitation. Vinrent ensuite les Simpsons quand j’étais à l’école primaire et là ce fut l’illumination. J’étais touché à 6 ans par la grâce de Bart Simpson. Je pense que ça m’a fortement influencé dans ma façon de mettre toujours en scène des personnages marginaux et souvent très provocateurs. Je n’ai jamais vraiment été attiré par les figures héroïques. Je préfère les caractères ayant plusieurs nuances et un peu bouffons.

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Aurélie : En grandissant, comment as-tu réussi à faire du dessin ton métier ? Es-tu passé par des formations ou d’autres métiers ?

Tohad : J’ai fait un Bac général bien classique qui m’a servi à rien. Que ce soit au lycée ou au collège, je ne faisais jamais mes devoirs. Mais en échange, je travaillais sur un fanzine de BD et des petits jeux vidéo que je faisais en freeware au début d’internet en 56K. Ensuite j’ai fait une école supérieur d’infographie en trois ans. J’avais pas mal d’avance sur le coté infographie, mais aussi pas mal de lacunes concernant le dessin académique. C’était rigolo. Ensuite j’ai été sur le marché du travail en infographie.

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Aurélie : Peux-tu définir ton « style » en trois mots et les expliquer ?

Tohad : Coloré, universel et imparfait. C’est juste mon estimation personnelle, il est possible qu’un daltonien trouve mes images particulièrement terne ou qu’un maori soit complètement perdu en observant mes dessins.

Aurélie : Ta signature « Tohad », c’est Toad avec une lettre en plus ou rien à voir (les humains peuvent pas comprendre) ?

Tohad : Oui ça vient bien du personnages de la série Mario Bros. J’avais choisi ce nom en primaire quand je faisais mes premières BD moches et je l’ai conservé ensuite. En arrivant sur internet à la fin des années 90’s quasiment tous les pseudos étaient « Morpheus », « DarkDem0n » ou « Toad ». Avec tous ces homonymes, j’ai juste rajouté un H au milieu de mon pseudo pour pas me perdre dans les limbes des forums d’internet.

Aurélie : Peux-tu nous en dire plus sur « Les Voisins du Chaos », était-ce ton premier projet à but d’être commercialisé ?

Tohad : Oui, c’est un projet que je travaille depuis plusieurs années. Les Voisins du Chaos se situent dans un univers que je malaxe artistiquement depuis mon adolescence. J’ai testé et écrit de nombreuses versions de cet univers en attendant de maitriser un minimum mon style et la narration. Puis je me suis lancé dans la version définitive il y a quatre ans, après avoir terminé deux années dans le service infographie d’une agence d’architectes.

Aurélie : Tu as réussi un Ulule à 130%. Quelle est la clef de cette réussite ? Où peut-on maintenant trouver l’album ?

Tohad : C’est un projet en auto-édition, donc sans éditeur. La clé de réussite d’un projet éditorial est avant tout lié à la communication. Je suis loin d’être un champion du marketing car c’est loin d’être une matière qui me passionne. Mais j’avais déjà une petite présence sur internet et de fidèles lecteurs ont répondu à la participation du projet. C’est beaucoup de travail, car en plus du temps passé à la réalisation, il faut se consacrer presque à temps plein pendant un ou deux mois à vendre le projet sans en faire trop. Dans tous les cas, ça reste une expérience gratifiante tant qu’on n’a pas les yeux plus gros que le ventre en s’imaginant des sommes astronomiques. Étant donc en auto-édition, je n’ai pas de distributeur pour placer mes albums en librairie, dont ils sont uniquement disponibles sur ma weboutique au lien suivant.

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Aurélie : Quels sont les auteurs (BD, comics, manga) qui t’inspirent ? Pourquoi ?

Tohad : Lewis Trondheim, Katsuhiro Otomo et Akira Toriyama sont un peu l’équivalent de la triforce pour moi. Ces auteurs ont eu impact très significatif dans le monde de la BD. Ils ont changé certaines choses en défrichant de nouvelles pistes autant graphiques que narratives tout en restant universel et populaire. Leur travail représente une véritable force d’originalité sans pour autant être clivant contrairement à certains génies du graphismes qui ne s’adressent qu’à leur profession par leur technicité et non au public.

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Aurélie : Tu as ensuite lancé le projet « Badass cartoons ». Comment a-t’il débuté ?

Tohad : Ça faisait un moment que l’envie d’une relecture personnelle des icônes de la religion geek me travaillait. J’ai testé quelques personnages lors d’une de mes chroniques vidéo, puis je me suis pris au jeu et j’ai continué à en faire sans compter.

Aurélie : Quelle est la ligne directrice, quel est le format, la présentation du livre et sur quel type de personnage as-tu travaillé ?

Tohad : La ligne directrice, c’est le challenge de trouver une idée de croisement entre deux personnages cultes sans que ce soit pour autant évident. Je ne trouve pas forcément à chaque fois des idées ultra-originales. Mais j’essaye dans la mise en scène d’amener un minimum de surprise et de provocation sans pour autant faire gratuitement du gore ou du vulgaire. Le bouquin est au format comics, un peu plus petit que le format A4 traditionnel. Je pense que c’est bien parti pour en faire un deuxième tome à condition que je n’épuise pas tous les personnages kawaï de la culture geek avant. Je tiens à ce que mes images s’adressent à un minimum de monde, donc je me tourne peu vers les personnages franco-français.

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Aurélie : Tu as réussi un nouveau Ulule en atteignant les 163% (plus de 11 000€ au lieu de 7 000). Quelle communication fais-tu et encore une fois quelle est la clef du succès (question un peu bête mais on se la pause tous) ?

Tohad : Comme pour les Voisins du Chaos, mais en mieux. Les Badass ont un potentiel bien plus viral à cause de leurs multiples références. Mais ça restait peu évident de faire venir les internautes sur la page du projet alors que mes images circulaient un peu partout sur internet sans que j’ai le moindre contrôle dessus.

Aurélie : Penses-tu que peindre soit le meilleur outil pour raconter une histoire ?

Tohad : Non pas du tout, tout médium offre des perspectives différentes et c’est encore mieux quand on les mélange. J’essaye de toucher à tout type de techniques pour ne jamais me retrouver coincé dans un style ou dans un système de production qui m’obligerait à toujours reproduire le même travail.

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Aurélie : Comment définis-tu le « beau » et le « poétique » ?

Tohad : Alors là, je n’en ai aucune idée, je n’aurais jamais la prétention de définir une quelconque notion artistique. Pour ma part je m’attache à essayer de créer des environnements vivants et des atmosphères qui gardent une connexion avec le réel quelque soit son contexte fantaisiste ou non. J’aime beaucoup l’animation japonaise pour sa façon de sublimer le quotidien, l’urbanisme et la nature juste par des choix de cadrage et de mise scène. C’est une espèce d’élégance de la fadeur typiquement asiatique,, qui pourtant émet quelque-chose d’universel. Certain films de Satoshi Kon ou de Miyazaki arrivent à faire remonter des souvenirs de sensations et d’émotions très simples mais profondément humaines juste par l’esthétique d’un contexte et non par de la performance technique.

Aurélie : Pour tes peintures numériques, qu’utilises-tu comme logiciels ? Qu’entends-tu par l’utilisation de » nouvelles techniques grâce à la technologie de pointe » ?

Tohad : Je travaille sur Photoshop avec une Cintiq 21, une tablette écran particulièrement utile quand on travaille quasiment 100% en numérique. J’utilise également régulièrement des logiciels 3D quand c’est nécessaire. Mais la notion de « technologie de pointe » était une boutade, je suis rarement sérieux dans mes notes de blog. Néanmoins j’ai quelques recettes maison que je garde pour moi, mais rien de très mystérieux.

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Aurélie : Quelles sont tes références artistiques (peintres, illustrateur, graphiste, etc) ?

Tohad : Vaste question, ce serait impossible pour moi d’en faire la liste avec l’explosion des outils numériques. Internet est devenue une galerie d’art incroyable où chaque jour apporte son lot de références créatives. D’un point de vue de l’illustration, la démocratisation de la création numérique ouvre un potentiel incroyable et je pense qu’artistiquement le meilleur est à venir. Des pays tel que la Russie ou la Chine, jusqu’à présent peu audible artistiquement, apportent en ce moment une incroyable fraicheur et variété culturelle. Il suffit d’aller sur des sites tel que Artstation ou Behance pour avoir un lot interminable d’inspiration.
Mais je fais également attention à ne pas me faire sur-influencer par une industrie de l’image des fois un peu trop hyperactive. Consulter un beau reportage géographique de la BBC suffit parfois à offrir bien plus d’inspiration que n’importe quelle œuvre artistique.

Aurélie : Tu travailles aussi sur un ou deux projets de jeu vidéo. Même si tu ne peux pas les dévoiler, peux-tu donner quelques indices ? Quel est ton rôle ? Est-ce un projet français ? Quel est l’univers ? Quel est le type de jeu ? Enfin, quand et où pourras-tu en dire plus ?

Tohad : Au milieu des diverses commandes que j’effectue pour différentes agences, je travaille actuellement sur quatre jeux vidéo qui sont chacun à des niveaux d’avancement différents.
Le premier est un croisement entre du crafting et du jeu d’aventure à la Zelda SNES. J’ai la responsabilité de toute la direction artistique et on m’offre énormément de liberté sur la conception visuelle de l’univers. Graphiquement ce sera très coloré et le jeu comportera de nombreuses références humoristiques, je pourrais clairement en dire plus d’ici un ou deux mois sur ce projet particulièrement cool.

Le second est un jeu de survivalistes dont les initiales sont en trois lettres, le jeu est déjà en early access sur Steam, et tout ce que je peux dire à son sujet, c’est qu’il y a beaucoup de neige dedans. Pour le moment, je suis en charge de différents concepts art pour les prochains environnents du jeu, et je suis assez impatient de pouvoir les montrer.

Concernant le troisième jeu, la mission est assez récente et je suis également en charge de concept-art. C’est une très grosse licence bulldozer de l’industrie du jeu vidéo. Je me demande encore comment je me suis retrouvé à travailler dessus. Mais je ne préfère rien révéler afin d’éviter de me faire tabasser par un gang d’avocats des « arts électroniques » au milieu d’une ruelle en pleine nuit.

Quant au quatrième jeu, c’est pour une nouvelle licence cross-média de grande envergure sur un thème science fiction. Mais à nouveau, je ne peux rien dire de plus si je ne veux pas me faire dissoudre à l’acide par mes clients.

Je suis également sollicité sur d’autres projets, mais mon travail étant surtout lié à des étapes de pré-production, je pense que je ne pourrais pas en parler avant de nombreux mois si ces autres projets se concrétisent.

Aurélie : Penses-tu que le jeu vidéo est une forme d’art à part entière ? Pourquoi ?

Tohad : C’est même peut être plus qu’une forme d’art, ça pourrait presque en être la synthèse. Un jeu vidéo peut prendre une forme littéraire, contemplative, sportive, musicale, narrative, abstraite, alors que l’inverse n’est pas pour autant possible pour chaque médium. Injecter de l’interaction, du son, du visuel, des sens à une expérience narrative ou abstraite offre un champ d’expérimentations illimitées. Il n’est absolument pas question de mettre le jeu vidéo sur un piédestal par rapport au reste, mais c’est le type de média qui peut autant être conçu par un artiste en solitaire que par un studio de plus de 300 personnes. C’est un art populaire, très démocratique autant dans son accès que dans sa conception et qui peut être consulté par n’importe qui dans le monde.

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Aurélie : Quel avenir donnes-tu aux croisements des domaines artistiques (influences, transmedia ou autre) ?

Tohad : C’est déjà bien installé et c’est forcément parti pour durer. Les frontières entre les domaines artistiques sont en train de disparaître. Peut être qu’arrivera bientôt le premier jeu de ballet de danse contemporaine avec un mode multijoueurs sur les serveurs de la chaîne Arte. Chaque jour de nouvelles formes de projets voient le jour et j’attends impatiemment un simulateur de vie de dinosaures, conçu en coopération avec des chercheurs spécialisés dans le jurassique.

Aurélie : Et toi, tu te vois sur quelle planète dans dix ans ? Et à faire quoi ?

Tohad : J’aurais bien voulu répondre Mars, mais la mission Mars One ne m’attire pas beaucoup. Je m’imagine mal passer le reste de ma vie à faire le colon martien en cultivant des légumes hydroponiques dans des petits intérieurs en Formica blanc. Donc je pense que je serais probablement sur Terre en train d’actualiser mon fil Twitter pour savoir ce que deviennent les colons Martiens.
Professionnellement, les choses vont de plus en plus vite en ce moment et j’enchaine les projets. Je n’ai aucune idée de l’évolution que va prendre la suite de mon travail. Ce qui est clair, c’est que dès que j’aurais des finances suffisamment solides, je n’investirais pas le classique lot du maison/voiture/jardin/arrosage-automatique/labrador, mais dans mon propre studio dans l’espoir de pouvoir embaucher.

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Aurélie : Enfin, un conseil pour les jeunes terriens qui rêvent de devenir illustrateurs et d’en vivre ?

Tohad : On pourrait écrire une encyclopédie en dix volumes de conseils tellement une carrière d’illustrateur offre de possibilités et de modes de vie différents. Mais par rapport à ma propre expérience et ma philosophie de vie, je conseillerais de faire attention au trois points suivants :

L’égo : Mélanger sa personne à son art donne rarement de bons résultats dans les arts appliqués. Dans les galeries d’art new-yorkaises, les égocentriques hauts en couleurs ont sans doute leur place, mais ce n’est pas le cas de l’industrie de l’image. Le carriérisme, le rayonnement artistique, le statut social ne doivent pas être une motivation quand on souhaite se lancer dans une profession qui demande beaucoup de modestie et d’autocritique. La personnalité artistique peut rapidement dévorer la créativité si on n’en tient pas les rênes. J’ai vu beaucoup de confrères et collègues faire n’importe quoi en se bousillant la santé au point de devenir à moitié fou pour pouvoir côtoyer tel artiste ou rentrer dans tel studio vaguement prodigieux. Il y a un point d’équilibre à trouver entre la volonté d’apporter sa pierre à l’édifice artistique et chercher vainement la plus haute place du podium d’une profession où la compétition n’a pas de sens. Il n’est pas question de renoncer à sa personnalité évidement. Mais il faut d’abord vendre son travail plutôt que sa propre personne.

La productivité : Même si l’illustration est un domaine artistique, c’est aussi une profession et cela implique de savoir produire efficacement, sereinement et rapidement. Beaucoup de jeunes actifs qui sortent des écoles d’infographie et d’animation souffrent de la difficulté de trouver un boulot à la sortie des études. Pourtant, c’est le moment idéal pour remplir son portfolio en montant des amorces de projets virtuels ou non en attendant que le travail arrive. Dans les arts appliqués, un portfolio généreux et varié aura bien plus d’impact que d’envoyer un millier de CV mentionnant un diplôme.
Mettre mollement son blog BD à jour pour dire qu’on n’a pas de motivation alors qu’on joue six heures par jour à League of Legend est mauvais signe. Un illustrateur qui s’ennuie n’en est pas un. La créativité n’a rien de passif, l’entrainement doit être constant et s’orienter vers l’efficacité et la variété. Passer quarante heures sur une illustration n’a rien de glorieux car à ce rythme là personne n’aura la patience de passer commandes.

L’autogestion : Troisième conseil de ma part, mais première règle dans cette profession : ne JAMAIS se sous-vendre. On aura toujours plus à gagner à travailler sur un projet personnel plutôt que d’accepter une mission payée une misère. Enchainer les boulots payés des miettes de pain est le premier pas vers la précarité à long terme. Quand à ceux qui vous proposent du travail en échange de « visibilité », oubliez-les ! S’ils vous contactent, c’est que vous n’en avez justement pas besoin. Si ce n’est pas le cas, faîtes vous connaitre avec votre portfolio plutôt qu’en trainant une réputation de bonne poire qui accepte n’importe quelles conditions de travail.
Plus votre facturation sera solide, plus vos clients (ou employeurs) vous prendront au sérieux et vous respecteront. Ne vous laissez pas berner par le chantage du nivellement par le bas du marché. Si on vous sollicite, c’est que l’on a besoin de votre maitrise et de votre créativité. On ne remplace pas un illustrateur comme on change un rouage dans un moteur. Rendez-vous indispensable par votre apport artistique et vous n’aurez jamais aucune raison de céder face à une proposition de travail mal payée.
Il est également important d’offrir un portfolio international. En France, les éditeurs et les employeurs dans l’animation ont souvent tendance à prendre les illustrateurs comme des marionnettes corvéables et prêts à tout pour travailler pour eux. L’idée n’est pas d’imaginer une herbe plus verte ailleurs. Mais vous aussi, faîtes jouer la concurrence, avec internet et le télétravail, tout est possible !

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